Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : intéressant si tu sais pourquoi tu les achètes
Design flashy et poignée orientée perf
Confort en main et en course : ça fait le job, avec un petit temps d’adaptation
Carbone partout, mais ça a ses limites
Solidité correcte pour du carbone léger, mais à manier avec un minimum de soin
Sur le terrain : légers, rigides, efficaces en montée
Ce qu’on achète vraiment avec ces Ultratrail FX.One
Points Forts
- Poids très léger pour des bâtons de trail, agréable sur les longues montées
- Carbone rigide avec bonne transmission de la force grâce au système Trail Shark
- Pliage compact (environ 36 cm) pratique pour le rangement dans un gilet ou un petit sac
Points Faibles
- Longueur fixe : il faut bien choisir sa taille et ce n’est pas polyvalent
- Carbone fin moins tolérant aux chocs latéraux, nécessite un minimum de soin
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | LEKI |
Des bâtons pensés pour courir, pas pour se balader
J’ai utilisé ces LEKI Ultratrail FX.One en 120 cm sur quelques sorties trail, entre 15 et 30 km, avec pas mal de dénivelé. L’idée était simple : voir si ces bâtons « full carbone, ultra légers, pliables » apportent vraiment quelque chose par rapport à des bâtons de rando classiques ou des modèles alu entrée de gamme. Je cours déjà avec des bâtons depuis un moment, donc je vois assez vite ce qui gêne ou ce qui aide en montée et en descente.
Concrètement, je les ai testés sur des chemins mixtes : sentiers techniques, pierriers, montée longue sur piste forestière et quelques portions roulantes où je les replie dans le gilet. Je les ai aussi sortis sous la pluie et sur terrain un peu boueux, histoire de voir si la prise en main reste correcte et si le mécanisme de pliage tient bien sans jeu ni bruit bizarre.
Mon objectif avec ce test, ce n’est pas de refaire la fiche produit, mais de dire franchement ce que j’ai ressenti : ce qui est vraiment utile, ce qui est gadget, et surtout pour quel type de coureur ça a du sens de mettre ce prix-là dans des bâtons. Parce que clairement, on n’est pas sur un achat « pour voir », c’est un budget. Donc autant savoir dans quoi on met ses sous.
Globalement, je peux déjà dire que ce sont des bâtons très orientés performance : légers, rigides, pensés pour courir vite en montée et pour ne pas gêner quand ils sont rangés. Mais ils ne sont pas parfaits, et ce ne sont pas les plus polyvalents si tu cherches un truc pour faire à la fois rando cool et trail occasionnel. Dans la suite, je détaille point par point : design, matériaux, confort, performance, durabilité et rapport qualité-prix.
Rapport qualité-prix : intéressant si tu sais pourquoi tu les achètes
Sur le rapport qualité-prix, il faut être clair : on est sur du LEKI carbone ultra léger, donc ce n’est pas donné. Par rapport à des bâtons alu basiques, le tarif pique un peu. La question, c’est : est-ce que la différence de prix se ressent vraiment sur le terrain ? Pour moi, si tu fais du trail régulièrement, avec du dénivelé, et que tu cours des distances un peu longues, oui, tu sens la différence. Moins de poids, meilleure transmission, pliage compact : ça se paye, mais ce n’est pas juste du marketing.
Comparé à d’autres modèles carbone de marques concurrentes, on est dans la même fourchette de prix, voire un poil en dessous pour certains. Là où LEKI marque des points, c’est avec le système Trigger/Trail Shark qui est bien abouti et compatible avec leurs gants. Si tu investis aussi dans les gants, tu as un ensemble cohérent, pratique et assez agréable à utiliser. Si tu n’en as rien à faire de ce système et que tu veux juste des bâtons légers, il y a peut-être des options un peu moins chères, mais souvent avec des compromis sur la poignée ou la rigidité.
Pour quelqu’un qui sort ses bâtons deux fois par an sur une rando cool, soyons honnêtes : ce n’est pas forcément un bon plan. Tu ne vas pas exploiter ce qu’ils offrent, et tu peux trouver des modèles bien moins chers qui feront largement l’affaire. Par contre, si tu prépares un ultra, que tu passes beaucoup de temps en montagne, là l’investissement commence à être logique. La fatigue gagnée sur les bras et le confort en course se cumulent sur la durée.
En résumé, je dirais que le rapport qualité-prix est correct pour un usage intensif, un peu discutable pour un usage occasionnel. Ce ne sont pas des bâtons « pour débuter », mais plutôt pour quelqu’un qui sait déjà qu’il va les utiliser souvent et qui veut un outil orienté performance, quitte à accepter la fragilité relative du carbone léger.
Design flashy et poignée orientée perf
Visuellement, il faut aimer. La couleur rouge vif-violet-jaune néon, ça ne passe pas inaperçu. Perso, au début j’ai trouvé ça un peu criard, mais sur le terrain, au final, on s’y fait. L’avantage, c’est que si tu les poses au sol à un ravito ou dans l’herbe, tu les repères tout de suite. Pour ceux qui aiment le matos discret, par contre, ce n’est pas trop ça.
Le design global est assez sobre côté forme : tube fin, segments bien alignés, pas de fioritures. La poignée en mousse remonte un peu sur le haut du bâton, ce qui permet de changer la prise en main dans les montées raides sans être obligé de tenir sur le carbone brut. La forme de la poignée est assez minimaliste, pas de gros renforts partout, mais on sent que c’est étudié pour limiter le poids plutôt que pour faire joli.
Le système Trail Shark est intégré dans la poignée de façon propre. Il y a l’encoche pour clipser la boucle et un petit ergot pour déclencher le déclipage. Sur les premières utilisations, j’ai dû regarder où je mettais la main pour clipser correctement, mais après quelques sorties, ça devient automatique. Ce n’est pas aussi intuitif qu’une simple dragonne classique qu’on enfile, mais en contrepartie, la main est bien solidaire du bâton une fois clipsée.
Petit point pratique : une fois pliés, les segments sont bien maintenus par le câble interne, et ça ne pend pas dans tous les sens. Par contre, il n’y a pas de sangle ou de housse fournie pour les maintenir pliés, donc dans le gilet, il faut les glisser dans les emplacements prévus, sinon ça peut bouger un peu. Globalement, le design est cohérent avec l’usage visé : courir en montagne, pas défiler en ville. Ce n’est pas le plus beau matos que j’ai vu, mais c’est fonctionnel et bien pensé.
Confort en main et en course : ça fait le job, avec un petit temps d’adaptation
Niveau confort, j’ai été plutôt satisfait, même si ce n’est pas parfait. La poignée en mousse est agréable dès la première prise en main. Pas de zones qui blessent, pas de bords agressifs. Sur une sortie de 3 heures, je n’ai pas eu d’ampoules ni de frottements gênants, ce qui est déjà un bon point. La mousse amortit un peu les vibrations, surtout quand tu plantes le bâton sur terrain dur ou caillouteux.
Le système de dragonne Trigger/Trail Shark, lui, demande un peu plus d’habitude. Quand tu es clipsé, la main est vraiment solidaire du bâton. Tu peux relâcher un peu la prise sans perdre le contrôle, ce qui repose les doigts sur la durée. Par contre, si tu n’as jamais utilisé ce type de système, tu peux trouver ça un peu contraignant au début, surtout pour enlever rapidement la main du bâton. Une fois le geste intégré, ça devient fluide, mais il faut quelques sorties pour que ça devienne naturel.
En montée longue, j’ai bien apprécié le fait de pouvoir monter les mains sur la rallonge en mousse sans tenir le carbone nu. Ça permet d’adapter la prise en fonction de la pente, sans devoir changer la longueur du bâton (de toute façon, elle est fixe). Pour quelqu’un qui aime beaucoup jouer sur la hauteur, ça peut manquer, mais en trail pur, on se cale vite sur un style et ça va.
Là où j’ai été un peu moins convaincu, c’est quand il faut les manipuler souvent : plier, déplier, ranger dans le gilet, ressortir… Ce n’est pas compliqué, mais ce n’est pas aussi instantané qu’un bâton télescopique qu’on raccourcit juste. Si tu cours sur un parcours très vallonné où tu passes ton temps à les sortir et les ranger, ça peut devenir un peu pénible. Niveau confort global, je dirais que c’est très bon pour l’usage « grosse montée/grosse descente » en bloc, un peu moins pour le profil en dents de scie.
Carbone partout, mais ça a ses limites
Le gros point fort de ces bâtons, c’est clairement les matériaux. On est sur un tube 100 % carbone, ce qui explique le poids plume. En main, ça surprend au début : on a presque l’impression de tenir un jouet tellement c’est léger. Sur le terrain, ça se ressent surtout sur la fatigue des bras sur les longues montées, où tu soulèves le bâton des centaines de fois. Comparé à un modèle alu de base, la différence se sent vraiment au bout de quelques heures.
Le carbone apporte aussi une bonne rigidité. Quand tu pousses fort en montée, le bâton ne plie quasiment pas. Ça donne un appui franc, tu sens bien la transmission de la force, surtout combiné avec le système Trigger/Trail Shark. Par contre, comme tous les bâtons carbone, ce n’est pas le roi de la tolérance en cas de choc latéral. Si tu bloques le bâton entre deux pierres en descente et que tu forces, tu as plus de risque de fissure ou de casse nette qu’avec de l’alu. Donc il faut un peu faire gaffe à ton placement.
La poignée est en mousse légère, pas en liège ou autre. Niveau confort, ça reste correct même avec les mains humides ou un peu transpirantes. Ça accroche assez bien, ça ne glisse pas trop. La mousse absorbe un peu l’humidité, donc sous la pluie, tu n’as pas une poignée savonnette, ce qui est plutôt appréciable. Par contre, sur le long terme, la mousse aura probablement tendance à marquer un peu plus que du plastique dur, mais c’est le prix à payer pour le confort et le poids.
Pour le reste, le mécanisme interne (câble) et les jonctions entre les segments ont l’air sérieux. Je n’ai pas eu de jeu ni de cliquetis après plusieurs pliages/dépliages. Mais soyons honnêtes : ce genre de bâtons ultra légers, ce n’est pas fait pour être maltraité en mode rando avec gros sac et portage. Ils sont faits pour courir, pas pour servir de béquille quand tu es cramponné à un pierrier avec 15 kg sur le dos.
Solidité correcte pour du carbone léger, mais à manier avec un minimum de soin
Sur la durabilité, il faut être honnête : je n’ai pas encore plusieurs saisons de recul avec ces bâtons, donc je me base sur ce que j’ai vu sur quelques semaines d’utilisation et sur mon expérience avec d’autres modèles carbone. Pour l’instant, rien n’a bougé : pas de jeu dans les jonctions, pas de craquement suspect, le câble interne tient bien, la poignée en mousse n’est pas abîmée malgré quelques sorties sous la pluie et dans la boue.
Mais on reste sur du carbone fin et léger. Ce n’est pas le genre de bâton que tu balances sans réfléchir dans le coffre, coincé sous un sac ou une roue de VTT. Si tu fais de la rando engagée, que tu te sers de tes bâtons pour porter une grosse charge ou pour te retenir dans des passages très techniques, il y a clairement plus robuste sur le marché, notamment en alu. Là, le compromis est assumé : moins de poids, un peu moins de marge en cas de mauvais traitement.
Les pointes et les embouts n’ont pas montré de signe d’usure particulier sur mes sorties, mais c’était surtout du terrain naturel (terre, cailloux, un peu de route mais pas trop). Comme pour tous les bâtons, si tu passes ta vie sur le bitume, tu vas user les pointes plus vite, ce n’est pas spécifique à ce modèle. Les segments s’emboîtent toujours bien, pas besoin de forcer, donc le mécanisme n’a pas l’air de se détendre prématurément.
En gros, si tu les utilises pour ce pour quoi ils sont faits – trail running, compétitions, entraînements sérieux – et que tu évites de les maltraiter, tu peux espérer une bonne durée de vie. Si tu cherches un truc « indestructible » pour tout faire, du trek chargé au voyage en sac à dos, là ce n’est pas le bon cheval. C’est un outil de course, pas un outil de chantier.
Sur le terrain : légers, rigides, efficaces en montée
C’est vraiment sur la performance en course que ces LEKI Ultratrail FX.One prennent leur sens. En montée, surtout sur du long, la combinaison poids plume + rigidité carbone fait clairement la différence. Tu peux pousser fort sans avoir l’impression de te battre contre le bâton. Je les ai comparés à une paire alu plus lourde que j’utilise d’habitude : au bout d’une heure de montée, j’avais moins la sensation de « bras lourds » avec les LEKI.
La transmission de la force avec le système Trail Shark est bonne. Tu n’as pas de jeu entre la main et le bâton, donc chaque poussée est bien transmise. Ça se ressent surtout quand tu as déjà un peu de technique et que tu sais utiliser les bâtons pour vraiment t’aider, pas juste pour te rassurer. Ceux qui n’ont jamais couru avec des bâtons verront peut-être moins la différence, mais quand tu es habitué, tu sens que ça répond bien.
En descente, ils restent stables, mais là encore, il faut se rappeler que c’est du carbone fin. Sur terrain très technique avec gros blocs, je faisais un peu plus attention à ne pas les coincer. En appui frontal (planté devant soi pour se stabiliser), aucun souci, ça tient bien. En appui latéral très agressif, j’évite de forcer comme un bourrin, tout simplement parce que je sais que ce genre de bâton n’aime pas ça. Pour de la descente roulante ou du single classique, aucun problème.
Pour le pliage/rangement, une fois que tu as pris le coup de main, ça se fait en quelques secondes, mais ce n’est pas instantané non plus. Je dirais que c’est parfaitement adapté aux ultras ou aux trails où tu as de longues sections avec ou sans bâtons. Si tu changes toutes les 5 minutes, tu vas trouver ça un peu relou. Globalement, niveau performance pure en montée et sur longue distance, j’ai bien aimé. Ça ne transforme pas ta VMA, mais ça allège bien la fatigue des bras et ça aide à garder un rythme régulier.
Ce qu’on achète vraiment avec ces Ultratrail FX.One
Sur le papier, ces LEKI Ultratrail FX.One, c’est un bâton de trail running pliable en carbone, en longueur fixe 120 cm, avec le système Trigger/Trail Shark (poignée + dragonne/gant clipsable). Ils sont annoncés autour de 182 g la paire pour cette taille, ce qui est franchement léger pour des bâtons de trail. Ils se plient en trois segments pour descendre à environ 36 cm une fois rangés, donc ça rentre bien dans un gilet de trail ou un petit sac.
Le tube est en 100 % carbone, diamètre autour de 16 mm, donc plutôt fin mais rigide. On sent dès qu’on les prend en main qu’on n’est pas sur un bâton « loisir ». C’est clairement pensé pour les courses longues, les ultras ou les trails avec gros dénivelé. La longueur est fixe, donc pas de réglage possible : il faut bien choisir sa taille avant d’acheter, sinon c’est raté. Les commentaires Amazon le rappellent d’ailleurs : « Bien se renseigner sur la taille ». Je confirme, ce n’est pas un détail.
Niveau système de poignée, on est sur le Trail Shark, une version allégée du Trigger Shark classique de LEKI. L’idée : tu clipses une petite boucle cousue sur une dragonne (ou un gant LEKI compatible) directement dans la poignée. Ça permet une transmission directe de la force, et tu peux déclipser rapidement pour enlever la main du bâton. Sur le terrain, ça marche plutôt bien, mais il faut un petit temps d’habitude pour clipser/déclipser sans regarder.
En résumé, ce qu’on paie ici, c’est : la légèreté, la compacité une fois pliés, la rigidité du carbone et le système de poignée orienté course. Si tu cherches des bâtons réglables, polyvalents, que tu veux aussi utiliser en rando familiale ou en voyage, ce n’est clairement pas le bon produit. Mais si tu veux un truc dédié trail, optimisé pour courir, là ça commence à devenir intéressant.
Points Forts
- Poids très léger pour des bâtons de trail, agréable sur les longues montées
- Carbone rigide avec bonne transmission de la force grâce au système Trail Shark
- Pliage compact (environ 36 cm) pratique pour le rangement dans un gilet ou un petit sac
Points Faibles
- Longueur fixe : il faut bien choisir sa taille et ce n’est pas polyvalent
- Carbone fin moins tolérant aux chocs latéraux, nécessite un minimum de soin
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, ces LEKI Ultratrail FX.One en 120 cm, c’est clairement du matos pensé pour le trail sérieux : léger, rigide, compact une fois plié, avec un système de poignée/dragonne efficace quand on a pris le coup de main. Sur le terrain, j’ai vraiment apprécié le gain de confort en montée et la sensation de ne presque rien avoir dans les mains. Pour enchaîner les longues côtes et les sorties de plusieurs heures, ça fait une vraie différence par rapport à des bâtons plus lourds.
Par contre, il faut être conscient des limites : longueur fixe, carbone fin, donc pas le plus polyvalent ni le plus tolérant aux mauvais traitements. Si tu cherches un bâton pour tout faire, de la rando pépère au trek chargé, il y a mieux adapté. Ici, on est sur un outil de course, qui prend tout son sens si tu fais régulièrement du trail avec du dénivelé et que tu acceptes d’y mettre le prix. Pour un coureur qui prépare des ultras ou qui aime optimiser son matos, ça a du sens. Pour un débutant ou un utilisateur occasionnel, c’est probablement trop cher et trop spécialisé.
En gros : si tu veux des bâtons de trail légers, efficaces, et que tu es prêt à les traiter avec un minimum de soin, tu devrais t’y retrouver. Si tu veux un truc costaud, réglable et passe-partout, passe ton chemin et regarde plutôt du côté de modèles alu ou hybrides.